Chenilles processionnaires du pin vs du chêne : comment les distinguer et agir en Haute-Savoie ?
En ce début d’année, alors que les pins de Metz-Tessy et les chênes de Seynod se réveillent doucement, une question revient souvent : « S’agit-il de chenilles processionnaires du pin ou du chêne ? »
Les deux espèces sont présentes en Haute-Savoie. Elles sont considérées comme dangereuses pour la santé, leur lutte est encadrée par la loi (dont l’arrêté du 25 avril 2022 qui rend le traitement obligatoire dans certaines zones). Elles portent des poils urticants dangereux. Mais leurs cycles, habitats et comportements diffèrent.
Voici un guide comparatif pour les reconnaître — et surtout, savoir quand et comment agir.
Tableau comparatif : pin vs chêne
| Critère | Processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) | Processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea) |
|---|---|---|
| Habitat principal | Pins, cèdres (très courants en Haute-Savoie : jardins d’Annecy, forêts du Semnoz, etc.) | Chênes (présents à Pringy, Épagny, Parmelan, bordures urbaines) |
| Forme du nid | Boule blanche et cotonneuse, en bout de branche | Nids soyeux (blanchâtres puis gris/bruns), plaqués contre le tronc ou une grosse branche (jamais en bout de branche) |
| Apparence de la chenille | Corps foncé, poils orangés, taches noires, tête noire. Jusqu’à 4 cm. | Corps gris argenté, lignes oranges dorsales, tête noire. Jusqu’à 5 cm. |
| Comportement | Descend en file indienne vers le sol entre janvier et mai (pic en février-mars en Haute-Savoie) | Se déplace en procession la nuit sur le tronc, ne descend pas au sol |
| Période à risque | Novembre à avril (stades 3 à 5 = urticants) | Mai à juillet pouvant aller jusqu’à août, selon l’altitude et la météo (urticantes dès le stade 3, vers mai) |
| Reproduction | 200 à 300 œufs par femelle (source : ANSES) | 150 à 200 œufs par femelle |
| Risque pour les arbres | Défoliation des aiguilles → affaiblissement (rarement mortel) | Défoliation des feuilles → stress hydrique, sensibilité accrue |
Attention : risque de confusion !
Plusieurs chenilles poilues ressemblent aux processionnaires mais sont inoffensives (ex. : bombyx cul-brun, lithosie quadrille). Ne détruisez rien sans certitude !
Répartition en Haute-Savoie : le pin largement dominant
À l’échelle nationale, la chenille processionnaire du pin est aujourd’hui l’espèce la plus répandue en France.
Les données d’exposition recensées entre 2012 et 2019 montrent qu’environ 59 % des cas signalés concernent la processionnaire du pin, contre 27 % pour celle du chêne.
En Haute-Savoie, la situation est comparable, voire encore plus marquée :
les infestations observées concernent majoritairement les pins (pins sylvestres, pins noirs, cèdres), très présents dans les jardins d’Annecy, les lotissements, les lisières forestières du Semnoz ou du Parmelan.
La processionnaire du chêne est bien présente dans le département, notamment dans certaines zones urbaines et périurbaines, mais elle reste moins fréquemment rencontrée que celle du pin.
Concrètement, en Haute-Savoie, si vous observez un nid blanc cotonneux en hiver ou une procession au sol entre janvier et avril, il s’agit très probablement de la chenille processionnaire du pin.
Doute ? Envoyez une photo via le site de l’Observatoire des Chenilles Processionnaires.
Comment agir selon l’espèce ?
- Pour le pin : intervenir entre janvier et mars (avant la descente au sol). Pièges à manchon, aspiration de nids, Btk si nécessaire.
- Pour le chêne : surveiller dès avril, intervenir en mai-juin. Les nids restent sur l’arbre → retrait sécurisé obligatoire.
Dans les deux cas, seul un professionnel équipé (masque FFP3, gants, matériel adapté) doit manipuler les nids.
Important : Ne tentez jamais de retirer un nid vous-même, même vide. Les poils urticants restent actifs plusieurs années et volent au moindre courant d’air.
Contacts utiles
- En cas de réaction cutanée anormale : Centre antipoison de Lyon – 04 72 11 69 11 ou un médecin.
- En cas de difficulté à respirer : 15 ou 112 sans délai.
Vous avez un pin ou un chêne à Annecy, Metz-Tessy ou Seynod ?
KDET vous aide à identifier l’espèce, évaluer le risque et intervenir en toute sécurité.
Contactez-nous dès aujourd’hui pour un diagnostic gratuit — partout en Haute-Savoie.














